Points de vue

de Pancho Rocha

Cimetières vivants

 

Les dix milles stèles du cimetière de Colleville-sur-Mer en Normandie constituent l’un des témoignages les plus forts de l’effort de guerre des Etats-Unis pour vaincre le nazisme. Dix milles soldats sont morts en quelques jours pour libérer un pays qu’ils ne connaissaient pas. Leur sacrifice, il s’agit bien de cela, n’a pas été vain. Il a été source de liberté, source de vie. Ce cimetière en témoigne.

Nous allons au cimetière pour nous souvenir de ceux qui nous ont précédés. C’est un lieu de nostalgie et de recueillement. Nous pouvons essayer de faire mémoire, de rendre présents les absents. La foi transforme les cimetières en lieux saints.

Mais serions-nous là si nos ancêtres n’avaient pas vécu ? Entre eux et nous, il y a cet endroit où nous irons mais aussi où sont déjà ceux d’où nous venons. Le cimetière porte en lui nos origines. Il est aussi le lieu du début.

Le cimetière nous renvoie à notre propre destin. Comment ne pas y penser ? Je suis devant la tombe de mes ancêtres. Demain, c’est moi que l’on viendra visiter. Cette pensée remonte du plus profond de mon être. C’est pour cela que je suis un Homme. Chaque visite me le rappelle. Le cimetière est comme une source de jouvence.

L’on raconte, qu’à la fin des temps, le Messie entrera à Jérusalem par la Porte Dorée. Qu’ils soient juifs ou musulmans, beaucoup se sont fait enterrer juste devant, où en face, sur le Mont des Oliviers. Certainement pour être ressuscités les premiers. Le monde est formidable.

Bonne visite,

 

Pancho Rocha